Comptabilité de restaurant et facturation électronique : tenir ses achats et ses ventes
Devis, factures, dépenses fournisseurs, TVA, e-reporting : la chaîne comptable d'un restaurant, saisie une seule fois, depuis les livraisons plutôt que depuis une pile de papiers.
Révisé en août 2026
Le vrai coût de la comptabilité d'un restaurant : la double saisie
Dans la plupart des établissements, une facture fournisseur est manipulée trois fois : à la réception de la marchandise, dans le classeur du mois, puis chez le comptable. Trois manipulations, deux risques d'erreur, et aucune information supplémentaire produite.
La chaîne saine est inverse : la facture entre une seule fois, au moment de la livraison, rattachée aux lignes réellement reçues. Elle alimente alors simultanément le stock, la dépense et la TVA déductible. Tout le reste — classement, export, rapprochement — devient mécanique.
Régler la TVA avant la première facture
La restauration cumule plusieurs taux : 10 % sur la restauration sur place et la vente à consommation immédiate, 5,5 % sur certains produits alimentaires vendus pour consommation différée, 20 % sur les boissons alcoolisées. Une carte mal paramétrée produit des erreurs à chaque ticket, invisibles jusqu'à la déclaration.
Le réglage se fait une fois, au niveau des produits et des catégories, et il faut le vérifier plat par plat pour les cas limites — plateau à emporter, bouteille vendue fermée, formule mixte. C'est ingrat, c'est une heure de travail, et cela évite une régularisation.
- Vérifier le taux appliqué sur chaque catégorie de produits.
- Traiter séparément les alcools et les ventes à emporter.
- Contrôler la TVA d'un ticket type avant d'ouvrir au public.
Achats : les dépenses viennent des livraisons
La bonne pratique consiste à créer la dépense depuis la livraison contrôlée, et non depuis la facture reçue par courriel. La différence est décisive : ce qui est comptabilisé correspond alors à ce qui est entré en stock, écarts inclus.
Le scan de la facture avec reconnaissance de texte automatise l'essentiel de la saisie — fournisseur, montants, TVA, échéance — et le classement en catégories de dépenses rend le mois exploitable sans reprise. L'objectif à viser est simple : aucune facture ne doit être saisie deux fois, ni ressaisie chez le comptable.
Ventes : devis, factures et statuts
Un restaurant qui fait des groupes, du traiteur ou de la privatisation a besoin d'une vraie chaîne de vente : devis, acceptation, facture, encaissement, relance. Le point souvent négligé est la gestion des statuts — un devis en attente, accepté ou perdu ; une facture émise, payée ou en retard.
Ce suivi n'est pas administratif, c'est de la trésorerie : la première cause d'impayé en restauration événementielle est l'absence de relance, pas la mauvaise foi. Un tableau de bord des factures en retard vaut mieux que n'importe quelle condition générale.
E-reporting et facturation électronique : ce qui arrive
La réforme française de la facturation électronique impose progressivement deux obligations distinctes. La facturation électronique entre professionnels, qui concerne les ventes B2B — groupes, entreprises, comités. Et l'e-reporting, la transmission des données de transactions pour les ventes aux particuliers, qui est le cas général d'un restaurant.
Concrètement, pour un établissement dont l'essentiel du chiffre d'affaires est réalisé auprès de particuliers, l'enjeu est de transmettre périodiquement des données de transactions agrégées. Ce n'est faisable sans effort que si les ventes sont déjà consolidées dans un système unique — ce qui est un argument de plus pour ne pas laisser la caisse, la livraison et les ventes en ligne dans trois outils séparés.
Le calendrier de l'administration a bougé plusieurs fois. Ce qui ne bougera pas : les établissements dont les ventes sont éparpillées y passeront plusieurs jours, ceux qui ont une base consolidée y passeront quelques minutes.
Ce que le comptable devrait recevoir
Un bon dossier mensuel tient en quatre éléments : le journal des ventes par taux de TVA, les dépenses classées avec leurs justificatifs attachés, l'état des factures clients et leur statut, et la variation de stock. Rien de plus.
Quand ces quatre éléments sortent d'un export, l'échange avec le cabinet cesse d'être une négociation sur des pièces manquantes. C'est aussi ce qui permet de poser à un assistant IA les questions utiles — « quelles factures fournisseurs de juillet n'ont pas de justificatif » — plutôt que d'ouvrir un classeur.
À retenir
- Paramétrer les taux de TVA par catégorie avant l'ouverture.
- Créer les dépenses depuis les livraisons contrôlées, pas depuis la pile de factures.
- Scanner les factures pour éviter toute saisie manuelle.
- Suivre les statuts des devis et des factures, et relancer les retards.
- Consolider tous les canaux de vente dans un seul système.
- Préparer l'e-reporting en vérifiant que les ventes sont déjà agrégées.
- Sortir un dossier mensuel en quatre pièces pour le comptable.
Questions fréquentes
- Quels taux de TVA s'appliquent en restauration ?
- Schématiquement : 10 % pour la restauration sur place et les ventes à consommation immédiate, 5,5 % pour certains produits alimentaires vendus pour une consommation différée, et 20 % pour les boissons alcoolisées. Les cas limites — plateaux à emporter, bouteilles fermées, formules mixtes — doivent être vérifiés produit par produit.
- Qu'est-ce que l'e-reporting pour un restaurant ?
- C'est la transmission à l'administration des données de transactions réalisées avec des particuliers, distincte de la facturation électronique qui concerne les ventes entre professionnels. Pour un restaurant, c'est l'obligation principale, et elle se prépare en consolidant toutes les ventes — salle, livraison, en ligne — dans un système unique.
- Faut-il ressaisir les factures fournisseurs chez le comptable ?
- Non, et c'est justement le gaspillage à supprimer. Une facture scannée à la réception, rattachée à la livraison et classée en dépense, part au cabinet avec son justificatif : il n'y a plus de seconde saisie, ni de pièce manquante à réclamer en fin de mois.
- Comment suivre les impayés d'un groupe ou d'un traiteur ?
- Par les statuts de facture : émise, payée, en retard. La première cause d'impayé en restauration événementielle est l'absence de relance ; un état des factures en retard consulté chaque semaine résout l'essentiel du problème.
Les vidéos qui montrent le geste
- Paramétrer sa TVA FoodEatUp
- Gérer ses fournisseurs côté achats FoodEatUp
- Gérer ses clients côté ventes
- Créer un devis FoodEatUp
- Créer une facture FoodEatUp
- Changer les statuts d'une facture FoodEatUp
- Saisir ses dépenses fournisseur FoodEatUp
- Relier ses achats à ses livraisons FoodEatUp
- Scanner sa facture (OCR & prix auto) FoodEatUp
- Déclarer son e-reporting FoodEatUp